Pour rénover, rajeunir et dynamiser le centre ville le PPRI risque de nous gêner.
La zone en question est bleue, elle permet la construction et les agrandissements mais sous certaines conditions (choix des matériaux, réglementation stricte sur les fondations et vide sanitaire) qui peuvent augmenter les coûts des opérations.
Je vous joins le mode de calcul de la cote d’une crue centennale théorique issue du PPRI :
« L’élaboration du PPRI exige la prise en compte d’une crue de niveau au moins centennal, conformément aux dispositions de la circulaire interministérielle (Environnement et Equipement) du 24 janvier 1994 relative à la prévention des inondations et à la gestion des zones inondables. Celle-ci n’ayant jamais été observée sur la Marne, elle a été estimée par étude statistique des niveaux de crue sur environ un siècle, et correspond aux cotes observées en janvier 1955 augmentées de 52 cm ( et arrondies aux 0 ou 5 cm supérieurs).
Les cotes altimétriques de crue figurant sur les cartes de Zonage du PPR sont donc celles d’une crue centennale.
Il convient de rappeler que ces cotes ne constituent pas le niveau maximum que peut atteindre la Marne en état de crue. Une crue supérieure à la crue centennale demeure tout à fait possible, et ce malgré l’effet régulateur du barrage-réservoir du Der. »
La crue centennale est un niveau de crue qui a 63 % de risque d’être atteint lors d’un siècle.
A Château-Thierry en 133 ans, nous avons subi 2 crues exceptionnelles en 1910 et 1955, les deux crues étaient pratiquement de même intensitées.
Pour calculer la cote maximum, le PPRI a considéré que la crue de 1955 n’était pas la crue du siècle et qu’il fallait donc augmenter la cote de 52 cm. ( je rappelle que le niveau de 1955 était le niveau le plus haut connu depuis 133 ans à égalité avec la crue de1910). Le résonnement du PPRI se base uniquement sur une volonté de se couvrir et donc étendre au maximum une zone. La crue de 1955 est une crue centennale, nous ne comprenons pas l’augmentation de 52 cm.
Le PPRI refuse de prendre en compte le lac du Der, or les données statistiques sur les 12 plus fortes crues sont têtues et contre dise les affirmations du PPRI :
- De 1876 à 1974 nous avons 9 crues importantes et 2 crues exceptionnelles, une moyenne de 1 tous les 11 ans.
- Depuis 1974 et la mise en service du lac du Der, nous avons eu 1 crue importante ( la plus faible des 12 plus fortes crues depuis 1876), une moyenne de 1 tous les 35 ans.
Les hydrologues considèrent généralement que le lac du Der a permis de réduire de 30 % la hauteur des crues.
Dans au moins une commune environnante le maire durant l’étude (2005-2007) négociait, contestait le zonage du PPRI afin qu’il soit fidèle à une crue centennale réelle et non à un calcul statistique invérifiable et le maire en question a obtenu gain de cause.
Hélas dans notre ville par ignorance, incompétence, peu ou rien n’a été tenté ou fait à l’époque.
Pis encore, après une vérification rapide, nous avons la certitude que des erreurs se sont glissées dans le document PPRI, en effet il est inévitable que sur les centaines de relevés, des inversions ou des mauvaises recopies ont été commises.
Or même ce travail minimum de vérification matérielle n’a pas été effectué.
Aujourd’hui encore une fois notre équipe doit réparer les erreurs et les oublis du passé, et c’est à nous par des démarches de faire des demandes afin que le zonage soit fidèle à la réalité historique et topographique ( cf. la cartographie des risques en Aisne du ministère de l’environnement qui expose une carte se basant sur les inondations exceptionnelles, les cartes sont sensiblement différentes du PPRI).
C’est encore un dossier aux conséquences économiques et urbanistiques énormes qui n’a pas à l’époque était correctement suivi et traité, un de plus.