Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 09:20

Je suis arrivé au MODEM par la gauche républicaine, origine que j’assume et même revendique. Mais si j’ai rejoint le centrisme c’est justement parce que je suis avant tout un républicain.

 

J’ai toujours été marqué par les grands crimes commis au nom des idéologies de droite ( Hitler) et de gauche (Mao et Staline), je ne pouvais donc me retrouver dans un dogme.

 

Le républicanisme n’est un dogme mais une philosophie, un nouvel humanisme. Dans le républicanisme, il n’y a pas d’absolu mais tout est relatif : « Suit celui qui cherche la vérité, fuit celui qui a trouvé la vérité ».

 

La république repose sur un triptyque Liberté, Egalité et Fraternité, ce triptyque doit être la base d’un rassemblement, d’une union autour du centre de ces valeurs.

 

Liberté, Egalité, Fraternité ou le centre de l’union.

 

Tentons déjà de définir chacun de ces termes :

 

Liberté : La liberté est la faculté d'agir selon sa volonté sans être entravé par le pouvoir d'autrui. Elle est définie :

  • positivement : autonomie et spontanéité du sujet rationnel ; les comportements humains volontaires se fondent sur la liberté et sont qualifiés de libres.

La Déclaration des droits de l'homme de 1793 la définit ainsi : « La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait. »

 

Egalité : L'égalité désigne un rapport de mesures semblables entre deux éléments distincts en fonction d'une ou plusieurs propriétés communes.

Le sens semble se préciser au XV siècles par la « relation entre deux choses ne présentant aucune différence de grandeur, de qualité »

Selon la déclaration des droits de l'homme de 1795 : « L'égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. L'égalité n'admet aucune distinction de naissance, aucune hérédité de pouvoirs. ».

 

Fraternité : La fraternité est l'expression du lien moral qui unit une fratrie. Au sens commun, cette notion désigne un lien de solidarité et d'amitié entre les humains. Troisième élément de la devise de la République, la fraternité est ainsi définie dans la Déclaration des droits et devoirs du citoyen figurant en tête de la Constitution de l'an III (1795) : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir ».

Pendant la Révolution française, « la fraternité avait pleine vocation à embrasser tous ceux qui, français ou étrangers, luttaient pour l’avènement ou le maintien de la liberté et de l’égalité »[].

Selon Paul Thibaud, philosophe et ancien directeur de la revue Esprit[2], « Autant la liberté et l'égalité peuvent être perçues comme des droits, autant la fraternité est une obligation de chacun vis-à-vis d'autrui. C'est donc un mot d'ordre moral. »

Mais poussez à leur extrême, ou mal interprété  chacun de ces termes contient en lui-même les germes de la mort et de la destruction !! Je m’explique.

La liberté portée à son extrême, c’est le libéralisme en économie, et la loi du plus fort dans la société. Au nom de la liberté laissons tout faire, aucune contrainte, chacune étant libre de faire ce qu’il veut. Le libéralisme prône la non-intervention de l’état, la liberté totale des entreprises. Mais sans l’état point de norme, de règlement, de droit du travail, c’est la loi du dominant sur le dominé.

Alors bien sur vous allez me rétorquer que : être libre, c'est contour­ner ses déterminations pour leur échapper. Mais cela, alors, dans la mesure où les autres les assument. Mais hélas cette dernière condition, le libéralisme libertaire se donne la suprême liberté de ne pas la dire et même de ne pas la savoir. 

 

L’égalité oui, mais l’égalitarisme ! L'égalitarisme n'est pas autre chose qu'une révolte contre la nature : il est "injuste" qu'un autre soit plus beau, plus grand, plus jeune, plus intelligent ou plus riche que moi. Le droit à la différence est vu comme un faux droit. C'est la nature qui est jugée injuste, et la société des hommes devrait réparer toute "injustice", si besoin (et il est impossible que ce soit autrement) par la coercition et la violence. L’égalitarisme a enfanté les expériences communismes avec leurs échecs cuisants et leurs victimes.

La fraternité, oui mais entre nous, et vive le communautarisme. Car qu’est ce que le communautarisme sinon qu’une forme exacerbée et réductrice de la fraternité. Le communautarisme est un mouvement de pensée qui fait de la communauté (ethnique, religieuse, culturelle, sociale, politique, mystique, sportive…) une valeur aussi importante, sinon plus que les valeurs universelles de liberté, d'égalité.

Pour ses défenseurs, aucune perspective n'existe en dehors de la communauté et il est impossible de se détacher de son histoire et de sa culture. La communauté précède alors l'individu et rend la recherche de l'idéal partagé plus importante que la défense de la liberté individuelle. Pour eux, l'Etat - ou l'autorité, pour les communautés plus petites -, ne peut être neutre ou laïc en matière de choix culturels, religieux ou de morale. Les valeurs qui servent de référence sont essentiellement traditionnelles, construites sur un passé mythique ou idéalisé.

Dans les formes les plus aiguës du communautarisme, le monde est manichéen. Il y a les bons, (ceux qui font partie de la communauté, qui sont de vrais frères) et les méchants (les autres). Nous sommes frères entre nous à l’exclusion de tous les autres.

On peut avoir et défendre une interprétation partielle de la liberté, de l’égalité et de la fraternité mais associée ensembles, la liberté, égalité et la fraternité ne peuvent souffrir d’une interprétation incomplète. Certes dans leur acception la liberté égalité et la fraternité se suffisent à elles-mêmes mais elles offrent seules toutes des failles. Seules elles peuvent être l’objet d’interprétation  mais unies elles ne peuvent définire que l’idéal républicain. Ensemble la liberté, l’égalité et la fraternité lient les hommes, ces 3 notions constituent le ciment de l’humanité, le centre de l’union universelle.

Le centre peut se définir comme un Lieu où des actions, des activités convergent, sont dominantes.

Et l’union peut se définir comme  une Liaison intime, relation étroite entre deux ou plusieurs personnes ou choses de façon à former un tout.

Une société ou une république où les principes d’égalité, de liberté et de fraternité seraient appliqué ne peut être qu’uni, être un idéal.

C’est notre idéal, idéal que nous recherchons  comme les chevaliers de la table ronde recherchaient le graal. A une différence près le Graal est d’essence divine, l’homme reçoit la lumière d’une conception de l’esprit appelée dieu, nous nous recevons la lumière de l’homme et de nous même, de l’humanisme.

Combien de nous, ont par fatigue lassitude négligé la fraternité, ignoré pour des petits avantages personnels l’égalité, fermé les yeux sur des atteintes aux libertés individuelles et collectives. Le centre est une recherche collective et individuelle, il est dans l’évolution de notre société mais aussi au fond de chacun de nous, il est à la fois multiple et un. 

 

Par beauvois bruno
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